Le SEES-UQO se retire du Comité consultatif pour une communauté exempte de harcèlement, de violence et d’agression à caractère sexuel

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Le SEES-UQO s’est officiellement retiré du Comité consultatif pour une communauté exempte de harcèlement, de violence et d’agression à caractère sexuel en début de semaine. Cette annonce fait suite à un mandat d’assemblée générale pris le 1er novembre 2017. Pour en connaître les raisons, veuillez prendre connaissance de la lettre que nous avons envoyée à la vice-rectrice à l’enseignement et à la recherche, Sylvie de Grosbois.

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Le 11 décembre 2017

Madame Sylvie B. de Grosbois

Vice-rectrice à l’enseignement et à la recherche Université du Québec en Outaouais

OBJET : Participation du SEES-UQO au Comité consultatif pour une communauté exempte de harcèlement, de violence et d’agression à caractère sexuel

Madame,

Le Syndicat des étudiants et des étudiantes salarié.e.s de l’UQO (SEES-UQO) vous écrit pour vous faire part de ses préoccupations quant au Comité consultatif pour une communauté universitaire exempte de harcèlement, de violence et d’agression à caractère sexuel.

 

D’abord, nous constatons que la composition du comité crée une injustice sur le plan de la représentation des divers groupes de la communauté universitaire. En effet, plusieurs groupes de la communauté universitaire n’ont pas pu choisir leurs représentants à ce comité et, de ce fait, sont exclus de la solution en matière de prévention des violences sexuelles en milieu universitaire. Or, les groupes exclus sont parmi les groupes les plus vulnérables en matière de violences sexuelles, le personnel de soutien et les professionnels. Nous-mêmes avons de justesse réussi à faire valoir notre droit de nommer nos représentants au comité à la suite de plusieurs démarches et rencontres. Il est de notre avis que les membres des syndicats du personnel de soutien et du groupe des professionnels devraient également pouvoir nommer leurs représentants qui leur rendraient compte des travaux du comité. Les syndicats sont une partie intégrante de la solution en matière de prévention des violences sexuelles de par leur rôle de représentation de leurs membres. Ils devraient donc être inclus au comité.

 

Il nous apparaît par ailleurs que tous les membres du comité ne sont pas traités équitablement. En effet, nous déplorons le fait que les étudiants membres du comité sont les seuls participants qui ne sont pas rémunérés, directement ou indirectement, pour leur participation. Nous déplorons également le traitement qu’ont reçu nos représentantes aux mains du comité de coordination lorsqu’elles ont rapporté leur malaise par rapport à ces inégalités. Les étudiantes salariées et les étudiantes sont les plus vulnérables face aux violences sexuelles et leur contribution nous semble donc tout aussi essentielle et méritante de compensation que celle des autres membres du comité.

 

La composition du comité place aussi nos membres dans une situation délicate par rapport aux rapports hiérarchiques. En effet, nos représentantes au comité sont appelées à entrer en désaccord avec des membres de la haute administration et du corps professoral qui pourraient facilement nuire à leur cheminement académique et à leur situation d’emploi. Certaines de nos représentantes nous ont exprimé des inquiétudes quant à de possibles représailles suite à leur prise de parole au comité. Or, ces relations de pouvoir ne sont jamais discutées au comité et aucune mesure n’y est prise pour assurer à toutes et à tous que les discussions du comité ne pourront pas avoir de conséquences sur leur cheminement ou leur carrière.

 

Par ailleurs, l’absence totale de position féministe et intersectionnelle au sein du comité nous semble absolument incompréhensible puisque les violences sexuelles en milieu universitaire sont des violences principalement faites aux femmes et que seul le milieu de la recherche féministe s’y est intéressé.  Cette absence notable jumelée aux enjeux ci-haut mentionnés nous mène à la conclusion que la nature et le fonctionnement du comité ne sont pas favorables à la prévention des violences sexuelles en milieu universitaire.

 

Finalement, nous soulignons que le manque de transparence du processus de consultation et de prise de décisions nuit au travail de représentation des personnes élues par les membres de leur groupe respectif. En effet, les membres du comité sont tenus de garder les discussions du comité et sa composition confidentielles. Cette confidentialité nous apparaît contraire à l’objectif de mettre en place des changements au sein de l’ensemble de la communauté universitaire. Une poignée d’individus ne pourront jamais éliminer au terme de quelques rencontres secrètes les violences sexuelles en milieu universitaire.

 

Nous sommes d’avis que continuer notre participation à ce comité équivaut à en cautionner le fonctionnement et les dérives ce qui nous rend, nous et nos membres mal à l’aise. Pour toutes ces raisons, notre assemblée générale a voté le 1er novembre dernier à l’unanimité en faveur du retrait du Syndicat des étudiants et des étudiantes salarié.e.s de l’UQO et de ses représentantes. Ainsi, nos membres ont exprimé leur inquiétude quant à la direction prise par le comité, l’expérience des étudiantes salariées au comité et tous les autres enjeux soulevés dans cette lettre. Nous retirons conséquemment notre participation au Comité consultatif pour une communauté exempte de harcèlement, de violence et d’agression à caractère sexuel.

 

Le SEES-UQO réitère tout de même son support aux groupes de la communauté universitaire qui travaillent concrètement en vue de la prévention des violences sexuelles en milieu universitaire et son engagement pour des campus exempts de violences sexuelles. Dans la mesure où le mode de composition du Comité et les processus de consultation et de prise de décision seraient revus, nous serons heureux de reconsidérer notre position.

 

Cordialement,

Comité exécutif du SEES-UQO

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Chère UQO : lettre d’une étudiante salariée

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Au doyen de la recherche et la haute administration de l’UQO,

Vous êtes responsable de la valorisation de la recherche produite à l’UQO.

Alors que votre emploi consiste à  augmenter le mérite et la valeur de la recherche de l’UQO, –parce que c’est ce que ça veut dire, faire de la valorisation– vous faites plutôt le contraire. Vous indiquez aux assistant-e-s de recherche et d’enseignement, ainsi qu’aux surveillant-e-s et correcteur-rice-s d’examens, qu’ils ne sont pas obligé-e-s de participer à ces choses peu valorisantes que sont la recherche et l’enseignement. C’est exactement ce que vous dites, que « L’emploi lui-même, c’est peut-être pas un emploi très valorisant ». D’ajouter que nous ne sommes pas « obligé d’accepter l’emploi » est une erreur flagrante (propos d’André Manseau, Doyen à la recherche à l’UQO, cités dans La Revue le 1er avril 2016).

Notre emploi est très valorisant. Nous sommes sollicité-e-s pour l’excellence de nos travaux académiques et parce que l’on a remarqué notre potentiel en recherche. C’est un travail d’une rare flexibilité, qui permet de combiner les études et l’acquisition d’expérience professionnelle dans un domaine spécialisé. Nous ne servons pas seulement à « donner un coup de main aux professeurs » : nous prenons une part active dans tout le processus de recherche et d’enseignement, nous faisons partie de l’équipe et méritons de voir notre apport être réellement valorisé par notre Doyen. D’ailleurs, l’UQO cherche à attirer, à coup de nouveaux programmes de maîtrise, des étudiants aux cycles supérieurs. Votre discours nuit à cette mission : un emploi au sein même de l’institution d’enseignement incite particulièrement à y poursuivre des études supérieures.

Tenter d’ébranler notre moral en nous signifiant la porte est une tactique douteuse et basse de votre part. Nos emplois, l’expérience qu’ils nous apportent, sont nécessaires dans notre cheminement vers la recherche professionnelle et l’enseignement universitaire, et vous en êtes pleinement conscient. Vous qui devriez être le défenseur de la recherche à l’UQO, vous qui devriez reconnaitre l’importance de la relève et l’encourager; vous choisissez de mépriser notre contribution à l’excellence de la recherche à l’UQO.

Ou nous nous soumettons, ou vous nous montrez la porte…

Non.

Nos demandes sont modérées. Nos appuis sont solides.
Nos moyens seront de plus en plus pesants.

Nous demandons un salaire raisonnable dans des délais et des conditions raisonnables.
Annie Brassard, rédactrice bénévole
Membre SEES UQO